Sur un même appareil peuvent coexister trois garanties distinctes. Elles n’ont ni la même durée, ni le même débiteur, ni la même force. Les confondre conduit soit à payer ce qui était gratuit, soit à renoncer à un droit qu’on possédait encore.
1. La garantie légale de conformité
- Qui la doit ? Le vendeur.
- Durée ? 2 ans (1 an pour l’occasion).
- Prix ? Gratuite, automatique.
- Force ? Très élevée : le défaut est présumé exister depuis l’achat, c’est au vendeur de prouver le contraire.
C’est votre garantie par défaut, celle à invoquer en priorité pour toute panne dans les deux ans.
2. La garantie commerciale (dite « constructeur »)
- Qui la doit ? Le fabricant ou le vendeur, selon le contrat.
- Durée ? Variable : souvent 1, 2, 3 ans, parfois plus.
- Prix ? Incluse dans le prix d’achat.
- Force ? Dépend entièrement de ses conditions contractuelles : ce sont elles qui définissent ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas.
C’est un plus offert par le vendeur ou le fabricant. Elle ne remplace jamais la garantie légale et ne peut pas la réduire.
3. L’extension de garantie (payante)
- Qui la doit ? Un assureur ou le distributeur.
- Durée ? Celle que vous achetez (souvent +1 à +3 ans).
- Prix ? Payante, proposée à la caisse.
- Force ? Variable, avec souvent des exclusions, franchises et plafonds.
C’est un contrat d’assurance, pas une garantie légale. Son intérêt dépend du prix, des exclusions et de la fiabilité de l’appareil.
Le tableau qui clarifie tout
| Légale de conformité | Commerciale | Extension payante | |
|---|---|---|---|
| Débiteur | Vendeur | Fabricant / vendeur | Assureur / distributeur |
| Durée | 2 ans (1 an occasion) | Variable | Au choix, payante |
| Coût | Gratuite | Incluse | Payante |
| Charge de la preuve | Sur le vendeur (24 mois) | Selon contrat | Selon contrat |
| Peut être réduite ? | Non, c’est la loi | — | — |
L’erreur classique à la caisse
« Votre garantie constructeur d’un an est-elle suffisante ? Pour 49 €, prenez l’extension. » Ce discours fonctionne parce qu’il occulte la garantie légale de 2 ans dont vous bénéficiez déjà gratuitement. Dans bien des cas, l’extension ne commence à vous couvrir qu’après la période déjà protégée par la loi.
Avant de payer, posez-vous la seule bonne question : qu’est-ce que la loi me donne déjà ?
Garder une trace de chacune
Le vrai enjeu, c’est de savoir, le jour d’une panne, quelle garantie est encore active et jusqu’à quand. Avec Keept, vous notez pour chaque objet sa date d’achat et la durée de chaque garantie ; l’application calcule les échéances et vous prévient avant qu’elles ne tombent. Plus besoin de fouiller dans les conditions générales au pire moment.